mercredi 6 janvier 2016

Mosaïque d'actions

Parmi les actions envisagées et proposées par le projet Mosaïc en région parisienne (le projet a été créé en 2006 pour favoriser la rencontre et la collaboration des chrétiens protestants de diverses cultures et origines), il y a les cours de musique.

Les cours se composent de la façon suivante:

- base biblique pour la musique et la louange dans l'église.
- études pratiques sur l'animation, les chants de l'assemblée, comment créer une chorale ou un groupe de musique, le rôle de la musique dans l'église, le rôle des musiciens dans l'église.
- comment diriger une chorale, un groupe, l'assemblée (les gestes, les mouvements), comment être un chef de chorale.
- la musique elle même (comment écrire la musique, comment lire la musique - le solfège, la théorie de la musique).
- comment composer un chant, comment accompagner un chant.
- l'apprentissage de la guitare et du piano.



Les cours sont animés par Julie et David Brown, missionnaires américains et responsables du Service Mosaïc en région parisienne. Julie est infirmière de formation et musicienne (chanteuse, instrumentaliste – flute traversière).
David est pasteur et musicien (chef de chorale, chef d'orchestre, chanteur, instrumentaliste – trombone).
Les cours se déroulent sous la forme de session de 5 semaines et ont lieu à la Fédération Protestante, rue de Clichy à Paris.
Il y a eu déjà 2 sessions une en Aout et une en Octobre-Novembre. Deux groupes existent celui des anciens élèves les lundis soir (15 à la session d’octobre-novembre), celui des élèves débutants (25 à la session d’octobre-novembre).

Des guitares et des pianos sont à la disposition de tous (une quinzaine environ)- mais ceux qui ont un instrument peuvent l'emporter aux cours.
 
 
 
David et Julie comptent sur vous pour parler de ces cours et encourager cette magnifique opportunité! La musique est un don divin! Que le Seigneur bénisse nos dons et les talents que nous Lui consacrons!
 
 
 

mardi 22 décembre 2015

Témoignages de nos paroisses sur l’accueil de réfugiés


A Reims - Augustin Rivo, aumônier des hôpitaux et Christian Dennis, conseiller presbytéral.

Fin février sont arrivées à Reims 14 personnes d’une même famille irakienne et chrétienne. Le diocèse catholique a organisé leur accueil en s’appuyant sur l’association St Vincent de Paul et en demandant l’aide de la communauté protestante. Ces personnes ont rapidement obtenu un titre de séjour avec l’appui de la Cimade et elles ont pu s’installer. Nous avons organisé un culte et un repas afin de faire connaissance de toute la famille. Et l’une des dames participe régulièrement à notre atelier de patchwork.

9 autres personnes liées à cette famille sont attendues dans un proche avenir. Le pasteur baptiste leur a procuré le certificat d’hébergement nécessaire et un agent immobilier s’est engagé à leur trouver un logement. Mais là encore l’association St Vincent de Paul est mobilisée, ainsi que l’Armée du Salut, la mairie, la préfecture….






Le Monde est chez toi… et nous l'accueillons

Mona, Ramera, Ibtisam, Rami, Abdul, Ammar
et l'Entraide d'Angers
L'Église protestante d'Angers-Cholet, par l'intermédiaire de son Entraide, participe à l'hébergement de migrants irakiens, pas directement mais en finançant l'Association "Tous Entrepreneurs pour la Paix". Cette association accueille à Beaupréau (49) une famille de 8 réfugiés irakiens chrétiens
depuis janvier 2015, qui a fui Mossoul.
Nous avons rendu visite à ces personnes qui ont vécu des moments difficiles dans leur pays ; elles ont perdu leurs biens et ont laissé de la famille et des amis derrières elles. On voit dans les yeux du grand père et de la grand-mère encore beaucoup de nostalgie. Mais quelle joie de voir leur volonté de s'adapter, de faire de projets : la grand-mère qui était malade a été opérée et va bien, les enfants apprennent le français à l'école, leurs parents valident leurs permis de conduire …

Cette fois, ce sont eux qui nous ont accueillis avec de succulents gâteaux irakiens et de grands sourires.
Merci mon Dieu pour ces échanges.
Une autre famille vient d'arriver à Beaupréau et sera accueillie par l'association qui met en place des "maisons du cœur" avec l'aide de sponsors.

Jean-François et Monique Griselin



En complément, la feuille de route rédigée par la paroisse de Vinsobres sur son expérience de l'Accueil de Réfugiés. feuille de route

Et pour approfondir, la FEP a publié un « guide de l’hébergeur » pour accompagner les familles dans l’accueil de réfugiés Guide de l'hébergeur
  





mardi 8 décembre 2015

Entretien avec le Pasteur Philippe de Bernard, aumônier protestant aux armées

Mission sans frontière : visiter, encore visiter, et écouter, prier !

le Pasteur Philippe de Bernard

FT : Philippe de Bernard, cela fait 25 ans que vous êtes aumônier militaire. Et avant ?
PdB : Je viens de la marine marchande où j’étais officier. Je participais à « la mission de la mer ». C’est une mission œcuménique qui se charge d’envoyer des témoins de la foi sur les bateaux, mais également de mettre des foyers conviviaux à disposition des marins quand ils débarquent dans tous les grands ports du monde.

FT : L’aumônerie s’inscrit donc dans la continuité de votre engagement?
PdB : J’ai vraiment reçu un appel, alors j’ai étudié la théologie à Aix-en-Provence, puis en 1990 j’ai commencé mon périple : 2 ans en Allemagne, 7 à Brest, 5 en Polynésie Française, 7 à Nantes, et maintenant je suis aumônier pour la région Ile de France, Picardie, Nord, Pas de Calais.

FT : Pouvez-vous évoquer les moments les plus cruciaux de votre ministère ?
PdB : Sans conteste les événements extrêmement violents qui se sont passés en Côte d’Ivoire il y a maintenant 11 ans, en novembre 2004, dans un contexte très difficile entre la France et la Côte d’Ivoire. Dans un climat d’émeutes et de chasse aux étrangers, j’ai participé, bien modestement, à une mission de paix avec le pasteur ivoirien Dieudonné Carou. Nous avons pu sortir du camp où nous nous trouvions, en vêtements civils, et nous rendre à Yamoussoukro, la capitale politique, pour rencontrer différents responsables. Et le 15 janvier 2005 s’est tenue dans la basilique Notre Dame de la Paix la première rencontre de prière interreligieuse et internationale organisée par des aumôniers militaires. Je me souviens encore de la prière pour la paix de St François d’Assise, lue par à la fois par un général français catholique, un colonel major ivoirien protestant et un général de l’ONU musulman. A la suite de ces événements, l’ONU a institué une journée mondiale du soldat pour la paix.

FT: Diriez-vous que les religions, qu’on voit souvent comme des facteurs de guerre et de violence, sont au contraire des générateurs de paix ?
PdB : Oui, à condition qu’elles entrent en dialogue et qu’elles se respectent. J’ajouterai qu’il est essentiel, quand on arrive dans un lieu pour une nouvelle mission, d’aller rencontrer tout le monde, faire connaissance des uns et des autres, aussi bien dans le monde politique que dans le monde associatif et a fortiori dans le monde religieux.

FT : Aujourd’hui c’est la France qui vient de vivre des événements très violents. Vous avez apporté votre présence à la suite des attentats?
PdB :Dans les hôpitaux militaires auprès des blessés avec l’aumônier Françoise VINARD. Ma collègue le Pasteur Nathalie Guillet et moi-même nous nous sommes rendus spontanément le samedi 14 novembre à l’Ecole Militaire, afin de proposer notre soutien aux psychiatres et aux psychologues qui recevaient les gens touchés, de très près ou de plus loin, par ce qui s’était passé. Plus de 800 personnes ont été reçues, toujours très dignes, et pour certains encore dans l’incertitude sur le sort d’un proche. Nous étions là pour écouter, réconforter, répondre aux demandes individuelles de prière, mais sans rien d’officiel. Et je crois que nous avons fait œuvre utile, car les services psychiatriques étaient contents et nous ont intégrés au débriefing. Après mercredi nous avons continué à l’Institut médico-légal. La présence, l’écoute, c’est une mission essentielle !

FT : Philippe de Bernard vous avez une demande à faire ?
PdB : Il faut penser particulièrement à tous les soldats qui sont mobilisés, à l’étranger mais aujourd’hui ici aussi, en France pour l'opération sentinelle. Ils font des missions de 6 semaines, dans des conditions souvent difficiles. Il faut vraiment prier pour eux. Mais nous avons également besoin que des collègues pasteurs se proposent pour aller les visiter et les encourager. Nous ne sommes pas assez nombreux. Le ministère recrute pour des missions intermittentes de quelques jours par mois.


mardi 24 novembre 2015

Trois questions à… Dominique Colombier, aumônier des hôpitaux de La Rochelle et Rochefort

Dominique Colombier, pasteure de l’Église protestante unie de France, 
est engagée depuis cinq ans dans un ministère spécialisé : 
l’aumônerie des hôpitaux de La Rochelle et de Rochefort. 
La quête de sens bien présente - sous de multiples expressions - 
dans notre société dite sécularisée interpelle et vivifie son ministère.








On dit volontiers que l’Église est missionnaire ou qu’elle n’est pas. En tant qu’aumônier des hôpitaux comment vous situez-vous ?


Le lien entre l’Église locale et l’aumônerie hospitalière est essentiel. L’aumônerie hospitalière n’est pas une présence hors sol. Elle est le signe de l’envoi de l’Église dans cet endroit qui représente bien souvent une enclave dans la société. Les hôpitaux sont situés fréquemment dans des quartiers périphériques, ce qui les marginalise. L’aumônier est la passerelle qui relie le dedans et le dehors. Il témoigne auprès de l’Église de ce qu’il expérimente dans ce lieu qui fait peur, qui angoisse. En retour il est important que ce ministère particulier soit porté par la communauté, lors de cultes, d’échanges avec le conseil presbytéral, par la prière d’intercession. Ce ministère doit irriguer la paroisse et l’aumônerie doit s’interroger sur sa communication ou sa non-communication.

Quel est votre rôle en tant qu’aumônier protestant ?

L’aumônier protestant, en cohérence avec le cadre défini par la Charte nationale des aumôneries de la fonction publique, accueille et s’engage à respecter les convictions philosophiques et religieuses de chacun ; il refuse à ce titre tout prosélytisme.
La mission s’inscrit dans le relationnel. Les patients et les soignants sont journellement confrontés à la fragilité de la condition humaine. Le rôle premier de l’aumônier est l’écoute pour faire advenir chez l’autre, parfois dans des moments ultimes, l’émergence de questions existentielles : qu’est-ce que l’homme ? quel sens a ma vie ? qui suis-je devant Dieu ? Peu à peu la parole se libère, sans artifice. Ce rôle ne se limite pas aux malades, dans l’intimité d’une chambre. Les familles, les soignants, l’équipe d’aumônerie hospitalière manifestent souvent le besoin d’échanges, de soutien…


L'équipe d'aumônerie hospitalière
La mission va de pair avec l’évangélisation. Dans cet espace public, quelle parole peut-on oser ?

C’est avant tout, je crois, le lieu du témoignage implicite par le simple fait de se réclamer de l’aumônerie. Croyante ou pas, la personne visitée sait qui je suis. Et moi je sais où je me situe. Je suis portée par un ensemble de convictions, qui prennent sens ou sont bousculées au contact des uns et des autres. Elles ne font pas système. Ce que je reçois peut entrer en résonance avec des textes bibliques. Si les circonstances le permettent, il m’arrive d’en proposer la lecture et la méditation. En tant qu’aumônier je me sens souvent dans la situation d’accueil, accueil de l’autre, accueil du Tout Autre. J’arrive à percevoir comment moi-même je suis évangélisée par la présence de celui qui souffre, par ce qu’il me confie... Je peux être témoin d’une foi incarnée, très vulnérable, témoin de la vie qui est à l’œuvre chez l’autre. Chaque histoire humaine est singulière. L’aumônier est une sorte de courroie de transmission, un passeur, du simple fait d’être là, sans savoir préalable. Cela suffit pour qu’un autre puisse approcher sa vérité. Il me donne sa confiance, cadeau inestimable. Donner, recevoir… chacun est bénéficiaire de l’autre sur sa route. L’espace clos de la visite peut devenir espace de liberté, le lieu d’une expérience spirituelle décisive. Simple messager, j’espère, par ma présence, rendre crédible une Parole, qui bien au-delà des mots, apporte la lumière et l’espérance en l’amour inconditionnel de Dieu, quel qu’ait pu être le parcours de sa vie.
Dans ce contexte, le verset biblique « L’Esprit souffle où il veut », prend toute sa cohérence.

Propos recueillis par Janick Pilot



mardi 10 novembre 2015

Quand un engagement missionnaire prend d'autres formes...

Pendant sept ans les paroisses réformées de Charente Maritime et celles du synode FJKM (Eglise de Jésus-Christ à Madagascar) de Mananjary–Pangalanes ont tissé des liens d'amitié et de communion.

Il y a eu des voyages et des échanges pour développer une relation continue et réciproque. Des jeunes de La Rochelle sont allés à Mananjary en 2008 et de jeunes Malgaches sont venus en France en 2009. Seize délégués des paroisses de Charente Maritime sont allés également à Madagascar en 2011 pour rencontrer les paroisses jumelles et, en avril 2012, les paroisses charentaises ont reçu quinze délégués des paroisses malgaches. Ces voyages, favorisés et soutenus par la communauté d'Eglises en mission, la CEVAA, ont été des réussites.

Outre les voyages, plusieurs envois de matériel ont concrétisé un soutien fraternel (un cabinet dentaire pour la paroisse de Sahavato; des livres pour les pasteurs et pour le lycée FJKM; des machines à coudre à pédalier; des ordinateurs portables pour les pasteurs en visite en 2012...).

Pour faciliter la gestion administrative et financière des voyages et des envois, l'association Fifandraisana 17 a été créée. "Fifandraisana" veut dire relation réciproque en malgache et 17 est, bien sûr, le numéro de département de la Charente Maritime. Son objectif : être une expression de l'engagement missionnaire des paroisses de Charente Maritime.
Délégués des paroisses de Charente Maritime


Hélas, depuis trois ans les paroisses de Charente ne sont pas parvenues à maintenir un vrai lien de communion avec leurs partenaires malgaches. Or elles ne veulent, ni ne peuvent financer tel ou tel projet particulier s'il n'est pas décidé par le conseil synodal de Mananjary !

L'engagement missionnaire consiste bien évidemment à partager les fardeaux et les peines. Cependant un appui financier ne peut pas être poursuivi sans le maintien d'une communion spirituelle et des rencontres fraternelles. Or, actuellement, les troubles politiques et le marasme économique à Madagascar ne permettent pas aux paroisses de Charente de poursuivre les relations et cela à leur grand regret. C'est pourquoi, le conseil du consistoire protestant de Charente Maritime a souhaité suspendre l'association 1901 Fifandraisana 17; le fait a été acté par une Assemblée Générale extraordinaire en Septembre 2015, à Rochefort.

Cependant l'engagement missionnaire des paroisses de Charente Maritime se poursuit, y compris avec Madagascar ! 
Il se fait notamment par l'intermédiaire du DEFAP au financement duquel elles contribuent par une part de la cible régionale (actuellement le Defap envoie à Madagascar trois Volontaires de la Solidarité Internationale pour un appui à l'enseignement). Par ailleurs, les paroisses se tiennent informées sur le pays et maintiennent leur prière pour les frères et sœurs de Madagascar.


mardi 27 octobre 2015

Témoins dans la ville

«Heureux les artisans de paix, Car ils seront appelés fils de Dieu» Matthieu 5, 9

A La Rochelle, des croyants des trois religions monothéistes se rencontrent régulièrement. Ils organisent des manifestations, concerts, conférences, débats….
Leur propos: témoigner dans la ville que les religions peuvent exprimer une parole commune, en particulier lors d’événements dramatiques, comme la tuerie à Charlie Hebdo, ou à propos de l’accueil des migrants…

Être curieux de l’autre

Juifs, chrétiens, musulmans reconnaissent leur origine en Dieu et se savent appelés à Le rencontrer. Dieu est unique, mais chaque religion a sa propre histoire et sa propre interprétation. Favoriser une écoute réciproque et confiante, dans le respect des différences culturelles et religieuses, comprendre l’autre dans son altérité: voilà l’esprit qui anime ces rencontres.


De G à D: Père Jean-Pierre Samoride, Abdallah El Hamidi,
Père Christophe Roucou, Tareq Oubrou
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Une pédagogie du dialogue

Le groupe rochelais a étudié le livre d’entretiens «Le prêtre et l’imam», où le père Christophe ROUCOU, prêtre de la mission de France, et le grand imam de Bordeaux Tareq OUBROU lancent un appel au dialogue entre chrétiens et musulmans.

Le public de la conférence,
le 22 septembre 2015 à la salle de l'Oratoire à La Rochelle
Afin de sensibiliser un large public à l’urgence d’un dialogue interreligieux, les auteurs de cet ouvrage ont été invités à La Rochelle. Le 22 septembre 2015, dans la grande salle de l’Oratoire, plus de deux cents personnes ont assisté aux débats.

Tareq OUBROU rejette d’emblée la notion de choc des civilisations et parle de choc des ignorances. Pour lui, l’école a un rôle essentiel pour développer une pédagogie du dialogue. Dans la devise de la République "Liberté, Égalité, Fraternité", la Fraternité a une place à part. En effet, des lois régissent la liberté et l’égalité mais la fraternité est laissée à l’appréciation de chacun. C’est un terrain sur lequel les croyants peuvent s’engager, dans un esprit de paix. D'où un appel à la responsabilité personnelle pour vivre pleinement sa vie de citoyen et, le cas échéant, de croyant. Il s’agit là d’engagements pour le monde et non pas de débats théologiques.

Le premier lieu du dialogue est le service de l’autre. Le père ROUCOU cite la parabole du bon Samaritain. Jésus ne s’est jamais laissé emprisonner dans des barrières cultuelles et religieuses. Quant au salut, Christophe Roucou et Tareq Oubrou affirment que Dieu seul en détient le mystère.

Une laïcité bien comprise

Les conférenciers ont également évoqué la laïcité. L’État doit pratiquer une laïcité d’abstention et non pas une laïcité d’exclusion des religions, ce qui serait une perversion de la loi de 1905. La République n’a pas compétence pour juger les croyances. Citant Paul Ricoeur, Tareq Oubrou parle de «laïcité de confrontation». Un débat exigeant, au sein de la société civile, dans le respect des opinions de chacun, ouvre un chemin de paix où des hommes, des femmes, porteurs d’espérance, s’engagent avec confiance… Christophe Roucou, Tareq Oubrou sont de ceux-là.








Christophe ROUCOU, Tarek OUBROU, 
Le prêtre et l'imam, entretiens avec Antoine d'Abbundo, 
éditions Bayard, 2013







mardi 13 octobre 2015

Ces femmes qui ont osé au nom de l'Évangile

Tous les étés, depuis plus de vingt ans, le temple de Bergerac est ouvert chaque jour de 15 heures à 18 heures pour une exposition sur le protestantisme.
L'intitulé de cette année : Ces femmes qui ont osé...

Douze panneaux présentent des pionnières remarquables par leur audace et leur résistance. Ils proviennent de l'exposition « Femmes d’espérance – femmes d’exception... ces protestantes qui ont osé », créée par les femmes du groupe d'Orsay.
La paroisse de Bergerac a réalisé pour sa part deux panneaux sur les fondamentaux du protestantisme.

Du XVIème siècle à nos jours, à la suite et dans l'esprit de la Réforme protestante, des femmes ont fait face aux défis de leur temps. Elles ont ouvert des brèches dans des sociétés inégalitaires et perturbées. En effet, dès le début de la Réforme, des femmes de toutes conditions, des couvents jusqu'aux cours royales, embrassent les idées nouvelles.

Marie Dentière, gagnée aux idées de Luther, fuit son couvent. Elle défend la Réforme dans une perspective féministe. Son audace la fait se heurter aux autorités religieuses de Genève. Elle est considérée comme l’une des premières théologiennes laïques féministes.

En 2002, le nom de Marie Dentière a été inscrit
sur le Mur des Réformateurs à Genève.
C’est le seul nom de femme qui y figure.

Katarina van Bora, oeuvre de Lucas Cranach l’ancien.










« Avons-nous deux Évangiles,
l’un pour les hommes, et l’aultre pour les femmes ? 
L’un pour les sages, et l’aultre pour les folz ? 
 Ne sommes-nous pas un en nostre Seigneur ? "
                                 
Marie Dentière, 
Espitre tres utile, 1539





En 1523, Katarina van Bora quitte aussi le couvent pour rejoindre la Réforme. Plus tard, elle épouse Martin Luther.

Au XVIIe et XVIIIe siècle, on trouve aussi des femmes exceptionnelles par leur détermination. C'est le cas de Marie Durand, emprisonnée dans la tour de Constance, à Aigues-Mortes, après la révocation de l'Édit de Nantes. C'est sans doute elle qui a gravé «résiste» dans la margelle du puits de la prison.


Au XIXe siècle, des femmes encore ont eu des initiatives remarquables. Ainsi, Catherine Malvesin fonde un refuge pour les prostituées, une infirmerie, une école de garde-malades, un internat pour jeunes filles, une école maternelle. Avec le pasteur Vermeil, elle est à l'origine de la communauté des Diaconesses de Reuilly.

Et que dire du XXe siècle? Madeleine Barot, Antoinette Butte, Suzanne de Dietrich font l'objet d'un panneau. Elles ont en commun d'avoir fait de la résistance aux idées nazies. Elles sont aussi à l'origine d'institutions et/ou de mouvements bien vivants dans le protestantisme: la Cimade pour Madeleine Barot, la communauté de Pomeyrol pour Antoinette Butte, le Renouveau biblique pour Suzanne de Dietrich.



Hôpital des Diaconesses à Paris. Bâtiment Caroline Malvesin et pasteur Vermeil.

Ces portes ouvertes ont permis à la paroisse de Bergerac de rencontrer différentes personnes de tous horizons, étrangers, français et même bergeraçois qui entraient pour la 1ère fois dans un temple.

Pour commander l'exposition «Femmes d’espérance – femmes d’exception... ces protestantes qui ont osé», voir http://femmesdesperance.blogspot.fr (le groupe d'Orsay est une association de femmes protestantes "cherchant, avec des croyantes d'autres confessions et d'autres religions, à approfondir les liens entre féminisme et foi chrétienne")