lundi 29 février 2016

Portraits : deux missionnaires à la double culture - 1. Emmanuel MANYO

Camerounais, vivant depuis plus de 50 ans en France, marié à une Française, Emmanuel a cinq enfants adultes et indépendants. Il est président du Conseil des Communautés Presbytériennes Camerounaises en France (CCPCF) et membre de l’Equipe Régionale Mission (ERM) en région parisienne.
ERM : Actuellement tu es membre de la paroisse EPUdF du Foyer de l’Âme à Paris. Tu es le Vice-président de son Conseil presbytéral. Tu as récemment évoqué les difficultés de ton pays d’origine, le Cameroun. Peux-tu nous dire ce qui te touche le plus ?
EM : Je suis attaché à la France tout comme à mon pays d’origine, le Cameroun. J’y connais des personnes, là-bas comme ici. Je ne peux pas oublier le fait que là-bas, des personnes n’ont même pas de quoi survivre et qu’elles sont confrontées tout le temps à de graves difficultés économiques.
ERM : Ici aussi il y a des pauvres. Est-ce qu’au Cameroun les difficultés t’apparaissent plus graves qu’en France ?
EM : Ce sont deux aires géographiques différentes où les notions temporelles et spatiales se vivent autrement. Quand je suis là-bas –  et j’y vais presque tous les ans - je réfléchis comme là-bas et, quand je suis ici, je réfléchis comme ici. Cette double culture n’est pas facile à vivre. C’est inconfortable. Souvent je me pose la question : où est-ce que je me trouve ?
ERM : Peux-tu nous donner des exemples concrets où il y a conflit des deux cultures ?
EM : J’ai des enfants. Je ne leur ai jamais parlé des fantômes. Or dans mon enfance, j’ai été bercé par les histoires de fantômes, de revenants et d’ancêtres. Aux enfants, je ne leur ai jamais parlé des fantômes, ni de cadavres. Même le robot Goldorak était écarté. Un cadavre ne se touche pas. Mes enfants qui sont nés et ont grandi en France n’ont pas les mêmes conceptions que moi à ce sujet. Le fils plus jeune, quand sa grand-mère est décédée a pu l’embrasser. Moi je ne pouvais pas le faire et j’ai admiré mon fils qui l’a fait. A travers mes enfants, j’ai appris à ne pas avoir peur des fantômes même si je crois au panthéon des ancêtres. Aujourd’hui, je me demande ce que ces croyances changent pour moi. Rien. Je sens cette dualité dans ces deux conceptions. (NDLR : Emmanuel ne prononcera jamais le mot de mort : une personne décédée n’est pas morte)
ERM : Ce qui te touche particulièrement là-bas, ce sont les enfants abandonnés dans les rues de Yaoundé.
EM : Le développement économique ne suit pas les progrès sociaux. Par exemple, grâce aux progrès de la prophylaxie, à l’amélioration des conditions de santé, le taux de mortalité des enfants a fortement baissé mais les moyens de subsistance des familles sont insuffisants pour les familles nombreuses. Un fort exode rural a fait surgir dans les banlieues des ghettos de misère où les jeunes filles accouchent trop tôt et où se développe la délinquance. Le chômage n’est pas une notion reconnue, on est agriculteur ou on ne l’est pas. Je connais un père qui n’a pas de champ, pas de travail, et qui a neuf enfants. Que deviennent ces enfants ? Dès cinq ou six ans, certains d’entre eux se retrouvent dans la rue et ne vont pas à l’école qui est payante.
ERM : Les Eglises sont-elles présentes sur le terrain ?
EM : L’Eglise Presbytérienne du Cameroun a des écoles, mais la scolarité y est aussi payante. Je sais que partout il y a des problèmes, mais là, c’est dur de voir ces enfants abandonnés ainsi.
ERM : Comment aider ces enfants ?
EM : Le parrainage ! Mais en plus de leur apporter la nourriture, il faut les retenir pour les former. Il faut un centre pour les accueillir et les prendre en charge et les conduire vers l’autonomie. Une action modeste est en cours : dans un petit logement, une quinzaine d’enfants reçoivent chaque jour un repas. Des personnes dévouées leur donnent quelques rudiments de lecture, d’écriture et de calcul. Ils apprennent des chants et chantent une fois par mois au culte, font un peu de théâtre. Dans ces moments-là ils sont heureux. L’offrande leur sert à acheter des sacs de riz. Il y a cinq ans, j’ai créé une association pour une action culturelle : nous avons apporté seize ordinateurs. Mais l’action s’est essoufflée. Il faut que les chrétiens se mobilisent sur place, mais ils ont besoin de soutien, ils vivent au jour le jour. Il faut faire grandir cette action auprès des enfants abandonnés. Prenez contact, nous avons besoin de vous : emmanuel.manyo41@gmail.com.
Ecole du Dimanche à la paroisse de LKE LI NKEKE
Propos recueillis par Christine Villard – ERM région parisienne - Paris Montparnasse Plaisance

lundi 15 février 2016

Groupe Biblique Universitaire (GBU): la Bible en partage
S’il existe des lieux fréquentés par les jeunes, ce sont bien les petits cafés où, de mémoire d’étudiants, on refait le monde ! On peut s’y rendre pour échanger un verre, ou une parole. C’est cette dernière option qu’ont retenue les étudiants du groupe biblique universitaire de La Rochelle. Ils se retrouvent tous les mercredis dans un bar au nom prédestiné, le Théobar.


Des étudiants comme les autres

Qu’ont-ils de particulier ces jeunes du GBU ?
En apparence, rien. Ce sont des étudiants comme les autres : Nirina et Rudy en informatique, Marjolaine et Saskia en langues étrangères, Joël en géographie ... Cependant ils osent exprimer leur foi en Christ, et non seulement l’exprimer mais en vivre. Là réside sans doute la force de leur témoignage : rendre visible le lien qui les unit, cette communion fraternelle qui prend sa source en Christ et donne sens à leur vie.
D’églises particulières, ils n’en parlent pas, chacun est libre de fréquenter une communauté ecclésiale, là où il se sent appelé.


Une association loi 1901

Il existe en France 90 groupes bibliques universitaires regroupés dans une association loi 1901 dans le respect du principe de laïcité. L’association a un projet culturel. La Bible, en effet, n’est pas réservée aux croyants. Les rencontres suscitées par les GBU relèvent de la sphère publique, ce qui n’empêche pas de les placer sous le regard de Dieu. A La Rochelle une courte prière, que chacun est libre de partager, ouvre et clôt le moment de lecture et d’étude biblique.


Sola scriptura, point d’ancrage commun

Les étudiants des GBU ont un point d’ancrage commun, tous adhèrent aux principes fondamentaux de la Réforme, en particulier le Sola scriptura, l’écriture seule. Ces Ecritures, où la Parole de Dieu leur est révélée, ils souhaitent les faire connaître autour d’eux dans le partage. Alors ils en parlent. Une invitation personnelle a du poids, c’est une porte que l’on ouvre avec confiance et humilité. Ils préfèrent le bouche à oreille, plutôt que la distribution de tracts. Ils invitent leurs amis à venir lire et étudier la Bible, sans prosélytisme, dans ce lieu neutre et convivial qu’est un bar, ouvert à tous. Le nombre importe peu, seule compte la qualité de la rencontre comme occasion d’une écoute mutuelle, d’un questionnement où chacun s’exprime sans crainte d’être jugé.

Ces jeunes du GBU ne sont pas là pour convertir les gens mais pour les aimer. Faire connaître des textes porteurs d’espérance dans un monde en déshérence est un acte d’amour.


Besoin de ressourcement

Pour grandir dans leur foi les étudiants du GBU se retrouvent régulièrement


"Ensemble, grandir dans la foi"

pour prier, chez l’un ou chez l’autre. En disant ensemble la prière que le Christ a donnée à ses disciples, le « Notre Père », ils se reconnaissent frères et sœurs, sans dénomination particulière. Frères et sœurs sans frontières, sans barrières. La diversité des langues qu'ils parlent manifeste localement la réalité de l’Eglise universelle. Pour eux la parole de Jésus, dans l’évangile selon Jean 8,12 est à recevoir, hier, aujourd’hui, demain : « Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. »
Le corps, aussi, est un langage


 
 



mardi 2 février 2016


Quand l'Église Unie de Zambie fête son jubilé

Une trentaine d’anciens missionnaires  du Zambèze région ouest de l'actuelle  Zambie - se sont rencontrés les 10 et 11 octobre derniers, comme ils le font chaque année.
Ils ont pu écouter le compte-rendu d’un groupe d’entre eux  retournés en Zambie à l'occasion du Jubilé de l’UCZ  (United Church of Zambia). En effet celle-ci  a fêté la mi-janvier ses 50 ans d’existence et elle a invité les anciens missionnaires à la fête
L’Église Unie de Zambie est le fruit du travail de plusieurs missions ou Églises : l’Église du Barotseland (issue de la Société des Missions évangéliques de Paris), la mission écossaise, la Mission méthodiste et l’Église Unie du Canada. C'est une Église vivante en pleine expansion : elle compte deux  millions de membres,  sur une population nationale de sept  millions,  et 450 pasteurs.Pour fêter son jubilé,  l’UCZ a réuni un colloque et  organisé un culte solennel au stade de Lusaka le 18 janvier.  Au cours de ce culte le premier président de la Zambie, Kenneth Kaunda, âgé de 90 ans, a lu la Bible.   Le Président de l’Alliance réformée Mondiale  a assuré la prédication et plusieurs chorales sont intervenues. 
 
Une Église en pleine croissance dans un pays en développement
Le bureau du synode  a remarquablement organisé la visite des anciens missionnaires pour qu’ils puissent visiter la région ouest, l’ancien « Zambèze » où ils ont travaillé il y a plus de 50 ans. Ils ont souvent eu l’impression de ne plus reconnaître  les lieux.  Les axes routiers principaux sont maintenant goudronnés. A Mwandi la population est passée de quelques centaines à plus de 10 000 habitants,  l’électricité a été installée. L’ancien hôpital du Dr Reuter a été repris par la mission américaine des États-Unis qui l’a bien équipé  et développé (action contre le sida, chirurgie, ferme, pisciculture, orphelinat géré par une ONG australienne). A Senanga, l'hôpital que le Dr Casalis avait créé  et qui a été longtemps actif est aujourd’hui abandonné.  En effet le gouvernement a ouvert un bel hôpital à 5 km de là, mais David Honegger a été heureux de voir le lieu où il a vu le jour.
A Livingstone, située aux bords des Chutes Victoria, les églises de l'UCZ sont aussi en pleine expansion : elles ont toutes une assistance au culte de plusieurs centaines de personnes et se voient obligées de construire de nouveaux bâtiments pouvant accueillir 1500 à 2000 personnes.
Si cette visite a comporté des aspects réellement positifs aussi bien en ce qui concerne le pays que l’Église, il est vrai également que ce pays est confronté à de sérieuses difficultés.  On peut citer celle de l’union des différentes régions ou celle de la corruption. Cette dernière a malheureusement permis à des multinationales d’obtenir des conditions d’exploitation des ressources honteusement intéressantes pour elles.
La  mission : des liens qui perdurent  et se développent de  diverses manières
L'invitation d'anciens missionnaires par l'UCZ à son Jubilé montre combien le travail accompli dans le passé a été fondamental et perdure tout en évoluant. Par ailleurs des liens nouveaux se développent d'Églises à Églises ; deux exemples : l'échange jeunesse entre l'Église unie de Zambie et l'Église évangélique du Lesotho avec le soutien de la Cevaa,  le  jumelage  l'Église Protestante Unie du Bocage normand avec des paroisses de Zambie avec le soutien du Défap.
 
 
 

mardi 19 janvier 2016

Mission : éducation

Entretien avec Adrien Chaboche secrétaire général du scoutisme unioniste depuis 2012.

FT : Pouvez-vous me dire ce qui vous a conduit à vos actuelles responsabilités dans les EEUDF ? Quel est votre parcours ?
AC : Né dans une famille mixte, avec un père catholique et une mère protestante, j’ai été élevé dans le protestantisme, et j’ai eu de nombreux engagements dans le scoutisme. Après avoir fait des études de droit, j’ai été chargé de cours en même temps que je commençais une thèse. Mais j’ai vite ressenti le besoin d’un engagement plus concret dans la réalité sociale. Alors j’ai travaillé pendant deux ans dans l’association Terre des hommes France dont l’objectif est la promotion des droits économiques, sociaux et culturels dans les pays du sud. Puis ce fut la Cimade pendant 6 ans, en tant que responsable de la communication et de développement des ressources. En 2012, quand j’ai appris que le poste de secrétaire général des EEUDF s’ouvrait, j’ai décidé de poser ma candidature.

FT : Vous aviez envie d’un retour aux sources ? Ou besoin de changement ?
AC : Plus exactement, j’ai voulu travailler avec la jeunesse. Dans mes engagements précédents je tâchais de lutter à ma mesure contre les injustices et les misères du monde. Avec les jeunes, on agit en amont. C’est avant tout par l’éducation que l’on peut changer le monde, « créer un monde meilleur ». Le projet éducatif est au cœur de ma mission.

FT : Comment articulez-vous cette mission avec la foi chrétienne ? Y a-t-il un lien explicite, ou seulement implicite ?
AC : Il faut distinguer la question des relations avec l’Eglise, et la question de la foi, ce n’est pas la même chose. Avec l’Eglise, les liens des EEUDF ont été réaffirmés depuis 2008, après toute une période où ils s’étaient beaucoup distendus. Mais nous ne sommes pas un mouvement d’Eglise. Nous nous situons au seuil, et c’est très important.

FT : Dans quel sens ?
AC : Dans les deux sens ! Du côté de la société cela permet à qui veut, protestant ou non, chrétien ou non, d’entrer dans le mouvement et d’y trouver sa place. D’ailleurs, une part significative, et peut-être même la majorité de nos membres, n’appartient pas au protestantisme. Et du côté de l’Eglise,
cette situation au seuil offre aux jeunes une ouverture vers l’extérieur, tout en bénéficiant d’un cadre éducatif marqué par les valeurs protestantes.

FT : Quelle est la place de la Bible dans ce projet éducatif ?
AC : Elle est au cœur, mais pas dans une volonté catéchétique. Ce qui nous semble important, c’est de développer la dimension spirituelle des jeunes, et nous le faisons à partir de la lecture de la Bible. Nous n’avons pas pour mission de les convertir, mais de leur offrir un cadre propice à la croissance du grain de foi.

FT : Mais c’est aussi ce qui se fait à l’école biblique ou au catéchisme ? Quelle est la différence ?
AC: Dans un cas, nous voyons des enfants envoyés par leurs parents pour une intégration dans l’Eglise protestante, dans l’autre nous avons des enfants issus de différents milieux, dont des familles musulmanes par exemple, pour qu’ils fassent l’expérience d’une vie de groupe, différente de celle qu’ils vivent au quotidien, et fondées sur certaines valeurs éthiques protestantes comme le partage, l’entraide, la responsabilité vis-à-vis des plus jeunes… Un point très important pour moi, c’est l’apprentissage de la simplicité de vie, dans la nature, en collectivité.

FT : Et que faites-vous avec les aînés ?
AC : Entre 16 et 19 ans, nous essayons particulièrement d’ouvrir les jeunes au monde à travers la construction de projets. Et ceux-ci sont souvent humanitaires et internationaux. Nous proposons d’ailleurs une formation à la solidarité internationale sur deux week-ends. Mais aujourd’hui nous visons plutôt des voyages de rencontres, notamment avec les scouts des autres pays, avec la perspective d’un voyage retour.

FT : Avez-vous des relations avec les autres familles du scoutisme ? 
AC : Evidemment, nous rencontrons les scouts catholiques, les éclaireurs israélites, les scouts musulmans et les éclaireurs de France qui développent un programme spirituel laïque. Il existe une action « Vis mon camp » qui pousse les uns et les autres à se visiter pendant une journée lors des camps d’été, et à organiser d’autres rencontres pendant l’année. Et au sein du protestantisme, nous avons une plateforme qui regroupe des jeunes de la Fédération protestante et du Conseil national des Eglises évangéliques. Et cela marche bien.

FT : En termes de nombre que représente aujourd’hui le scoutisme ?
AC : Pour les EEUDF 6000 membres dont 4500 jeunes et 1500 cadres. Mais en tout il y a environ 10000 scouts protestants. Et environ 110000 catholiques.

FT : Et quel public touchez-vous ?
AC : Vous touchez là un problème : le scoutisme est né dans et pour les milieux populaires. Aujourd’hui nous recrutons essentiellement dans la couche aisée de la population. Dans le champ du scoutisme protestant, d’autres mouvements comme celui de l’Armée du Salut touchent encore des milieux moins favorisés. Ce peut être un vrai défi et une belle mission éducative pour nous que toucher un nouveau public, même si cela nous demande d’adapter certaines de nos pratiques.



mercredi 6 janvier 2016

Mosaïque d'actions

Parmi les actions envisagées et proposées par le projet Mosaïc en région parisienne (le projet a été créé en 2006 pour favoriser la rencontre et la collaboration des chrétiens protestants de diverses cultures et origines), il y a les cours de musique.

Les cours se composent de la façon suivante:

- base biblique pour la musique et la louange dans l'église.
- études pratiques sur l'animation, les chants de l'assemblée, comment créer une chorale ou un groupe de musique, le rôle de la musique dans l'église, le rôle des musiciens dans l'église.
- comment diriger une chorale, un groupe, l'assemblée (les gestes, les mouvements), comment être un chef de chorale.
- la musique elle même (comment écrire la musique, comment lire la musique - le solfège, la théorie de la musique).
- comment composer un chant, comment accompagner un chant.
- l'apprentissage de la guitare et du piano.



Les cours sont animés par Julie et David Brown, missionnaires américains et responsables du Service Mosaïc en région parisienne. Julie est infirmière de formation et musicienne (chanteuse, instrumentaliste – flute traversière).
David est pasteur et musicien (chef de chorale, chef d'orchestre, chanteur, instrumentaliste – trombone).
Les cours se déroulent sous la forme de session de 5 semaines et ont lieu à la Fédération Protestante, rue de Clichy à Paris.
Il y a eu déjà 2 sessions une en Aout et une en Octobre-Novembre. Deux groupes existent celui des anciens élèves les lundis soir (15 à la session d’octobre-novembre), celui des élèves débutants (25 à la session d’octobre-novembre).

Des guitares et des pianos sont à la disposition de tous (une quinzaine environ)- mais ceux qui ont un instrument peuvent l'emporter aux cours.
 
 
 
David et Julie comptent sur vous pour parler de ces cours et encourager cette magnifique opportunité! La musique est un don divin! Que le Seigneur bénisse nos dons et les talents que nous Lui consacrons!
 
 
 

mardi 22 décembre 2015

Témoignages de nos paroisses sur l’accueil de réfugiés


A Reims - Augustin Rivo, aumônier des hôpitaux et Christian Dennis, conseiller presbytéral.

Fin février sont arrivées à Reims 14 personnes d’une même famille irakienne et chrétienne. Le diocèse catholique a organisé leur accueil en s’appuyant sur l’association St Vincent de Paul et en demandant l’aide de la communauté protestante. Ces personnes ont rapidement obtenu un titre de séjour avec l’appui de la Cimade et elles ont pu s’installer. Nous avons organisé un culte et un repas afin de faire connaissance de toute la famille. Et l’une des dames participe régulièrement à notre atelier de patchwork.

9 autres personnes liées à cette famille sont attendues dans un proche avenir. Le pasteur baptiste leur a procuré le certificat d’hébergement nécessaire et un agent immobilier s’est engagé à leur trouver un logement. Mais là encore l’association St Vincent de Paul est mobilisée, ainsi que l’Armée du Salut, la mairie, la préfecture….






Le Monde est chez toi… et nous l'accueillons

Mona, Ramera, Ibtisam, Rami, Abdul, Ammar
et l'Entraide d'Angers
L'Église protestante d'Angers-Cholet, par l'intermédiaire de son Entraide, participe à l'hébergement de migrants irakiens, pas directement mais en finançant l'Association "Tous Entrepreneurs pour la Paix". Cette association accueille à Beaupréau (49) une famille de 8 réfugiés irakiens chrétiens
depuis janvier 2015, qui a fui Mossoul.
Nous avons rendu visite à ces personnes qui ont vécu des moments difficiles dans leur pays ; elles ont perdu leurs biens et ont laissé de la famille et des amis derrières elles. On voit dans les yeux du grand père et de la grand-mère encore beaucoup de nostalgie. Mais quelle joie de voir leur volonté de s'adapter, de faire de projets : la grand-mère qui était malade a été opérée et va bien, les enfants apprennent le français à l'école, leurs parents valident leurs permis de conduire …

Cette fois, ce sont eux qui nous ont accueillis avec de succulents gâteaux irakiens et de grands sourires.
Merci mon Dieu pour ces échanges.
Une autre famille vient d'arriver à Beaupréau et sera accueillie par l'association qui met en place des "maisons du cœur" avec l'aide de sponsors.

Jean-François et Monique Griselin



En complément, la feuille de route rédigée par la paroisse de Vinsobres sur son expérience de l'Accueil de Réfugiés. feuille de route

Et pour approfondir, la FEP a publié un « guide de l’hébergeur » pour accompagner les familles dans l’accueil de réfugiés Guide de l'hébergeur
  





mardi 8 décembre 2015

Entretien avec le Pasteur Philippe de Bernard, aumônier protestant aux armées

Mission sans frontière : visiter, encore visiter, et écouter, prier !

le Pasteur Philippe de Bernard

FT : Philippe de Bernard, cela fait 25 ans que vous êtes aumônier militaire. Et avant ?
PdB : Je viens de la marine marchande où j’étais officier. Je participais à « la mission de la mer ». C’est une mission œcuménique qui se charge d’envoyer des témoins de la foi sur les bateaux, mais également de mettre des foyers conviviaux à disposition des marins quand ils débarquent dans tous les grands ports du monde.

FT : L’aumônerie s’inscrit donc dans la continuité de votre engagement?
PdB : J’ai vraiment reçu un appel, alors j’ai étudié la théologie à Aix-en-Provence, puis en 1990 j’ai commencé mon périple : 2 ans en Allemagne, 7 à Brest, 5 en Polynésie Française, 7 à Nantes, et maintenant je suis aumônier pour la région Ile de France, Picardie, Nord, Pas de Calais.

FT : Pouvez-vous évoquer les moments les plus cruciaux de votre ministère ?
PdB : Sans conteste les événements extrêmement violents qui se sont passés en Côte d’Ivoire il y a maintenant 11 ans, en novembre 2004, dans un contexte très difficile entre la France et la Côte d’Ivoire. Dans un climat d’émeutes et de chasse aux étrangers, j’ai participé, bien modestement, à une mission de paix avec le pasteur ivoirien Dieudonné Carou. Nous avons pu sortir du camp où nous nous trouvions, en vêtements civils, et nous rendre à Yamoussoukro, la capitale politique, pour rencontrer différents responsables. Et le 15 janvier 2005 s’est tenue dans la basilique Notre Dame de la Paix la première rencontre de prière interreligieuse et internationale organisée par des aumôniers militaires. Je me souviens encore de la prière pour la paix de St François d’Assise, lue par à la fois par un général français catholique, un colonel major ivoirien protestant et un général de l’ONU musulman. A la suite de ces événements, l’ONU a institué une journée mondiale du soldat pour la paix.

FT: Diriez-vous que les religions, qu’on voit souvent comme des facteurs de guerre et de violence, sont au contraire des générateurs de paix ?
PdB : Oui, à condition qu’elles entrent en dialogue et qu’elles se respectent. J’ajouterai qu’il est essentiel, quand on arrive dans un lieu pour une nouvelle mission, d’aller rencontrer tout le monde, faire connaissance des uns et des autres, aussi bien dans le monde politique que dans le monde associatif et a fortiori dans le monde religieux.

FT : Aujourd’hui c’est la France qui vient de vivre des événements très violents. Vous avez apporté votre présence à la suite des attentats?
PdB :Dans les hôpitaux militaires auprès des blessés avec l’aumônier Françoise VINARD. Ma collègue le Pasteur Nathalie Guillet et moi-même nous nous sommes rendus spontanément le samedi 14 novembre à l’Ecole Militaire, afin de proposer notre soutien aux psychiatres et aux psychologues qui recevaient les gens touchés, de très près ou de plus loin, par ce qui s’était passé. Plus de 800 personnes ont été reçues, toujours très dignes, et pour certains encore dans l’incertitude sur le sort d’un proche. Nous étions là pour écouter, réconforter, répondre aux demandes individuelles de prière, mais sans rien d’officiel. Et je crois que nous avons fait œuvre utile, car les services psychiatriques étaient contents et nous ont intégrés au débriefing. Après mercredi nous avons continué à l’Institut médico-légal. La présence, l’écoute, c’est une mission essentielle !

FT : Philippe de Bernard vous avez une demande à faire ?
PdB : Il faut penser particulièrement à tous les soldats qui sont mobilisés, à l’étranger mais aujourd’hui ici aussi, en France pour l'opération sentinelle. Ils font des missions de 6 semaines, dans des conditions souvent difficiles. Il faut vraiment prier pour eux. Mais nous avons également besoin que des collègues pasteurs se proposent pour aller les visiter et les encourager. Nous ne sommes pas assez nombreux. Le ministère recrute pour des missions intermittentes de quelques jours par mois.